Minth ouvre à Lillers une usine de pièces plastiques dans un ancien entrepôt Lidl

Dans le Pas-de-Calais, un entrepôt logistique vide depuis 2024 est devenu un atelier de plasturgie automobile. Minth Electricity Technology a inauguré le vendredi 23 octobre son site de Lillers, au sein d’un bâtiment autrefois exploité par Lidl. Le projet intéresse les gens de production pour une raison simple : il montre ce qu’implique la conversion d’un bâtiment logistique en usine de pièces injectées et peintes, et à quelle vitesse cela peut se faire.

Un ancien entrepôt Lidl reconverti en usine #

Le bâtiment couvre 22 852 m². Selon Invest in Artois, l’agence de développement économique du territoire, il était vacant depuis 2024. Le choix d’un bâtiment existant évite d’artificialiser de nouveaux terrains, un argument qui pèse de plus en plus dans les dossiers d’implantation industrielle.

Minth Electricity Technology est une co-entreprise entre le groupe chinois Minth et Ampere, la branche électrique de Renault. La structure n’en est pas à son premier site dans le secteur : elle fabrique déjà des carters de batteries à Ruitz, à quelques kilomètres. D’après le compte rendu d’Horizon Actu, l’expérience acquise à Ruitz, en particulier la qualité des recrutements locaux, a joué dans le choix de Lillers.

À lire Carrelets en bois : Proxilam prépare à Pont-d’Ain une usine pour relocaliser la production

Ce qui sortira des presses de Lillers #

L’usine produira de grandes pièces plastiques pour les véhicules du groupe Renault : boucliers, pare-chocs et becquets. Le site réunit trois métiers sous le même toit : l’injection, la peinture et l’assemblage. C’est cette combinaison qui rend le projet intéressant du point de vue de l’organisation de production.

Huit presses à injecter, jusqu’à 3 300 tonnes

Horizon Actu décrit un parc de huit presses à injecter, dont certaines atteignent 3 300 tonnes de force de fermeture. Ce tonnage correspond à la taille des pièces visées : un bouclier de voiture demande des moules volumineux et une pression de verrouillage importante pour éviter les bavures sur de grandes surfaces.

Le flux décrit est classique en plasturgie automobile. Les granulés sont chauffés puis injectés dans les moules, et les pièces partent ensuite vers la peinture ou l’assemblage, avant le contrôle et l’expédition. Une grande partie de ces transferts doit être automatisée par des convoyeurs. Pour un atelier qui démarre, ce choix fige tôt l’implantation des postes : les flux entre presses, cabine de peinture et zone de contrôle sont pensés dès le départ plutôt que corrigés après coup.

La peinture, point délicat de l’atelier

Intégrer la peinture sur place change la donne pour la qualité. Une pièce d’aspect, comme un bouclier, doit sortir sans défaut visible, et chaque reprise coûte cher. En gardant injection et peinture dans le même bâtiment, l’usine raccourcit la boucle entre un défaut constaté en sortie de peinture et son origine possible au moulage. C’est un avantage réel pour le pilotage de la qualité, à condition que les deux équipes partagent leurs données au quotidien.

À lire FaiveleyTech inaugure son usine d’Orgelet et double ses capacités d’assemblage

Un chantier bouclé en sept mois #

Le projet avait été annoncé en janvier. Le Journal des Entreprises évoquait alors la fabrication de becquets et de boucliers peints en plastique injecté pour les futurs véhicules de Renault. Selon Horizon Actu, les travaux ont été menés en sept mois, au lieu des douze prévus au départ.

Le calendrier publié par Invest in Artois en février prévoyait la fin des travaux préparatoires pour fin septembre, les premiers prototypes en octobre, le raccordement électrique en décembre et le début de la production en février 2027. Lors de l’inauguration, les premières pièces sortaient déjà des machines. L’usine n’a pas encore atteint son rythme de croisière : l’automatisation et les recrutements se poursuivent jusqu’au lancement des premiers projets industriels.

Ce phasage est typique d’un démarrage d’usine. Les premières pièces servent à valider les moules, les réglages de presse et le process de peinture, bien avant la production en série. C’est souvent à ce stade que se jouent les futurs taux de rebut et la cadence réelle.

170 emplois visés d’ici 2028 #

Le site prévoit plus de 170 emplois à l’horizon 2028. Une soixantaine de postes sont attendus dans un premier temps : Horizon Actu parle de fin 2026, Invest in Artois de 2027. Les profils recherchés couvrent toute la chaîne : opérateurs de production, techniciens, ingénieurs, logisticiens, mais aussi des fonctions support comme les ressources humaines et la finance.

À lire Fabrication à la demande : comment ce modèle sans stock révolutionne votre commerce

Le premier recruté est le responsable de production, Laurent Nourry, arrivé environ six semaines avant l’inauguration. Il résume ainsi son choix, cité par Horizon Actu : « Le challenge m’a bien plu. Partir d’une page blanche et construire tout comme on le souhaite aussi. » Partir de zéro permet de définir les standards de travail, les routines de management visuel et les indicateurs dès le premier jour, sans avoir à défaire des habitudes installées.

Un marché d’environ un million de véhicules #

Le directeur général, Jones Ge, a justifié l’implantation par la proximité de la Belgique et du Royaume-Uni. Il estime le marché accessible à environ un million de véhicules, avec un objectif de part pouvant aller jusqu’à 30 %, selon Horizon Actu. Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué.

Ce que l’on peut en retenir pour un atelier #

Le cas de Lillers montre qu’un bâtiment logistique peut accueillir des presses lourdes et une ligne de peinture en quelques mois, à condition d’anticiper le raccordement électrique, souvent le poste le plus long. Il illustre aussi l’intérêt de regrouper sur un même site les étapes qui conditionnent la qualité d’aspect. Les prochains mois diront si la montée en cadence suit le rythme du chantier, avec un premier jalon fixé à février 2027.

Atelier Production est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Fabrication

Nos recommandations : développeur React freelance | agence web 123web