L’activité industrielle française a continué de progresser en septembre, mais moins fortement qu’anticipé, avec des écarts marqués entre filières : c’est le constat de l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France publiée le 12 octobre, menée auprès d’environ 8 500 entreprises.
Plan de l'article
Une croissance réelle, mais en dessous des attentes #
Interrogés entre le 27 septembre et le 5 octobre, les industriels décrivent un mois de septembre en progression, sans atteindre le rythme qu’ils avaient eux-mêmes anticipé un mois plus tôt. La Banque de France estime au total une croissance du PIB de +0,1 % au troisième trimestre, un rythme faible qui confirme que l’industrie avance sans réel vent porteur.
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Ce décalage entre prévision et réalisation est une information de gestion en soi : les plans de charge construits en août se sont révélés optimistes. Pour les directions de production, cela plaide pour des horizons d’ordonnancement plus courts tant que la visibilité ne revient pas.
Des filières à deux vitesses #
La moyenne cache des situations opposées. La production reste dynamique dans l’aéronautique, dont les carnets de commandes demeurent particulièrement étoffés, tout comme ceux des équipements électriques. À l’inverse, le bois-papier-imprimerie et le caoutchouc-plastique-verre restent en zone de faiblesse, et plusieurs autres branches voient leurs carnets se dégrader.
Pour les ateliers sous-traitants, la filière de rattachement fait donc toute la différence : un même parc machines tourne à saturation chez un fournisseur aéronautique et en sous-charge chez un transformateur plastique. Les enquêtes signalent par ailleurs des difficultés d’approvisionnement globalement stables, mais toujours élevées dans certaines branches.
Trésorerie et marges : la vigilance s’impose #
Deuxième signal à surveiller : la trésorerie se dégrade légèrement dans l’industrie, et la hausse du coût des intrants continue de peser sur les marges. Quand les carnets s’affaiblissent en même temps que le cash, le risque classique est de maintenir des stocks dimensionnés pour une demande qui n’est plus là.
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Les difficultés de recrutement, elles, remontent légèrement et concernent 18 % des entreprises. Ce chiffre reste loin des pics d’après-Covid, mais il rappelle que les compétences critiques — régleurs, soudeurs, techniciens de maintenance — manquent toujours, même en période molle.
L’incertitude repart à la hausse #
L’indicateur d’incertitude des chefs d’entreprise remonte nettement en septembre, interrompant la décrue observée depuis le pic de mars. Les préoccupations citées portent sur les prix des carburants, le contexte économique général et le pouvoir d’achat des clients finaux.
Ce regain d’incertitude se lit aussi dans les données de production : selon l’Insee, la production manufacturière n’a que partiellement rebondi en août (+0,3 % après -0,8 % en juillet), et la production de l’ensemble de l’industrie reste quasi stable sur un an.
Ce que les industriels attendent d’octobre #
Malgré ce tableau prudent, les répondants anticipent une accélération de la production industrielle en octobre, quand les services marchands ne progresseraient que modérément et le bâtiment resterait quasi stable. Les prochains chiffres diront si cette anticipation se vérifie mieux que celle de septembre.
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Pour un responsable de production, la feuille de route de fin d’année tient en trois points : sécuriser les approvisionnements des références encore sous tension, ajuster les stocks aux carnets réels de sa branche plutôt qu’à la moyenne nationale, et protéger la trésorerie en resserrant les encours.
Questions fréquentes #
Comment la Banque de France mesure-t-elle l’activité industrielle ?
Par une enquête mensuelle auprès d’environ 8 500 entreprises et établissements, interrogés ici entre le 27 septembre et le 5 octobre. Les soldes d’opinion recueillis portent sur l’activité passée et les prévisions du mois suivant.
Pourquoi l’aéronautique échappe-t-elle au ralentissement ?
Ses carnets de commandes, remplis sur plusieurs années, la rendent moins sensible à la conjoncture immédiate. L’enquête d’octobre la cite, avec les équipements électriques, comme la branche aux carnets les plus étoffés.
Le chiffre de +0,1 % de PIB au troisième trimestre est-il définitif ?
Non, il s’agit de l’estimation de la Banque de France issue de l’enquête de conjoncture. La première estimation officielle des comptes trimestriels est publiée ensuite par l’Insee.
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