GKN Aerospace accrédité Nadcap pour le dépôt laser par fil : ce que cela change pour la qualité

GKN Aerospace annonce être la première entreprise au monde accréditée Nadcap pour le dépôt laser par fil (L-DED-w), à son usine suédoise de Trollhättan : une étape qui montre comment un procédé d’impression 3D métal devient un procédé industriel contrôlable.

En bref
  • L’audit a porté sur les contrôles du procédé, les modes opératoires, les compétences et la traçabilité.
  • La mention de première mondiale vient du communiqué de l’industriel.
  • Nadcap ne remplace pas l’homologation par chaque client.

Que vient d’obtenir GKN Aerospace ? #

D’après le communiqué du groupe diffusé fin octobre, l’accréditation apporte une validation indépendante de ses procédés de fabrication L-DED-w. 3Dnatives précise que le site concerné est celui de Trollhättan, en Suède, dans lequel GKN a investi 600 millions de couronnes suédoises en 2024.

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Le dépôt laser par fil est, selon Aerospace Testing International, une variante à fil du dépôt laser que le groupe utilise déjà pour des pièces structurales de moteurs d’avion. Sébastien Aknouche, vice-président senior chez GKN Aerospace, y voit « une étape importante » et « une base plus solide » pour étendre cette technologie.

Pourquoi cette accréditation compte-t-elle en production ? #

Dans l’aéronautique, un procédé spécial ne se juge pas seulement à la pièce finie. Une partie des défauts possibles reste invisible sans contrôle destructif. C’est pour cela que l’on valide la façon de produire autant que le résultat, et que la stabilité du procédé devient un sujet de premier plan.

Selon TCT Magazine, l’évaluation a porté sur les contrôles de procédé, les modes opératoires, la qualification du personnel, les équipements, ainsi que la manutention et la traçabilité des matières. On retrouve là les piliers classiques d’un système qualité appliqués à une technologie encore jeune.

Que change Nadcap pour les sous-traitants ? #

Le programme Nadcap, administré par le Performance Review Institute, est géré par les acteurs de l’aéronautique, de la défense et du spatial. Les fournisseurs sont audités sur des critères rédigés par les donneurs d’ordres. 3Dnatives rappelle qu’elle remplace ainsi les audits individuels que chaque constructeur imposerait autrement.

Il faut toutefois garder la mesure. L’organisme le dit lui-même : une accréditation Nadcap ne vaut pas approbation par le client. Une entreprise accréditée reste soumise aux exigences d’homologation de chaque programme, ce qui peut prendre du temps pour une pièce critique.

Quelles leçons pour un atelier, même hors aéronautique ? #

Peu d’ateliers visent cette accréditation, mais la logique est transposable. Le premier réflexe consiste à décrire le procédé par ses paramètres réels, et non par une recette transmise oralement : réglages machine, lot de matière, opérateur, date, résultat de contrôle.

Le deuxième concerne la qualification des personnes. Un mode opératoire ne vaut que s’il est appliqué de la même façon d’une équipe à l’autre. Une matrice de compétences tenue à jour, avec des habilitations limitées dans le temps, évite qu’une dérive s’installe sans que personne ne la remarque.

Le troisième porte sur la traçabilité. Pouvoir remonter d’une pièce livrée à un lot de matière et à une machine transforme une crise qualité en intervention ciblée, plutôt qu’en rappel général. C’est souvent ce qui distingue, au moment d’un litige, une réclamation vite close d’un dossier qui s’éternise.

L’impression 3D métal est-elle pour autant prête partout ? #

Pas encore. GKN indique avoir déjà livré des pièces en fabrication additive certifiées qui volent aujourd’hui, mais l’accréditation annoncée porte sur un procédé précis, dans une usine précise. Elle ne dit rien du coût de revient ni des cadences, deux critères déterminants pour un atelier de série.

Ce qu’elle montre, c’est la direction prise par les donneurs d’ordres : une technologie gagne sa place en production quand elle sait prouver qu’elle se répète. Pour les responsables de production qui évaluent une machine de fabrication additive, la question à poser au fournisseur n’est donc pas seulement la qualité d’une pièce de démonstration, mais la façon dont le procédé est surveillé et documenté dans la durée.

Questions fréquentes #

Qu’est-ce que l’accréditation Nadcap ?

Nadcap est un programme géré par l’industrie aéronautique, de la défense et du spatial, administré par le Performance Review Institute. Il accrédite les fournisseurs de procédés spéciaux, sur la base de critères d’audit rédigés par les donneurs d’ordres.

Quelle est la particularité du L-DED-w ?

Il s’agit d’une variante à fil du dépôt laser sous énergie dirigée. La matière arrive sous forme de fil, fondue par un laser, et se dépose pour construire ou renforcer une pièce.

Cette accréditation vaut-elle homologation par les clients ?

Non. Le Performance Review Institute précise lui-même que l’accréditation Nadcap ne vaut pas approbation par le client. Chaque constructeur garde ses propres exigences d’homologation.

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